16.11.10

Le soleil s’est couché. Je ne l’ai pas vu de la journée. On y est, enfin, novembre. Je fume moins. Je bois du thé. Des noms me traversent l’esprit sans s’arrêter. Nuées de martinets. Aucune idée, aucune image. Comme des étiquettes qui se seraient détachées de leurs objets et qui tournoient. J’ai fait un rêve formidable, il y a quelques nuits. Je ne me souviens plus. Si je me souvenais, je chercherais peut-être à y retourner, même si c’est impossible. Je l’ai désiré tellement de fois, y retourner. Savoir que c’est impossible, mais y aller quand même. Parfois il me semble que je me suis moi-même détaché, comme une simple étiquette et que je volette au gré des courants d’airs, quand il y en a. Une simple étiquette. Un nom sur un bout de papier. Qui autrefois était collée à quelque chose. A quelqu’un? Je ne sais pas. C’est quoi, quelqu’un? Je me demande. Je ne sais pas. Est-on quelqu’un? Le devient-on? Cesse-t-on un jour de l’être? J’ai fait un rêve formidable, il y a quelques nuits. Je me souviens seulement quand je me suis réveillé. Comme c’était bien. Quoi? Je ne sais plus. Je crois qu’une femme m’embrassait. Elle se penchait, immense, puis m’embrassait. Mais il n’y avait pas que ça. Il y avait tout un monde. Je ne sais plus quel monde. Il y en a tant.